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Quelque peu éclipsés par le succès des oeuvres contemporaines ces dernières années, les tableaux impressionnistes connaissent un regain d'intérêt de la part des collectionneurs lorsqu'ils sont de qualité, soulignent des spécialistes de maisons d'enchères, à la veille de ventes importantes à Londres.
"Depuis la mi-2009, on ressent une forte demande pour les tableaux impressionnistes qui avaient été un peu oubliés les trois années précédentes avec le boom de l'art contemporain", déclare Samuel Valette, directeur du département d'art impressionniste et moderne chez Sotheby's France, interrogé par l'AFP.
Mais les nouveaux acheteurs, d'Asie ou de Russie, comme les acheteurs plus traditionnels européens et Américains "s'intéressent au meilleur", souligne-t-il. Outre la qualité esthétique de l'oeuvre, la provenance est un élément important.
Le tableau "Nymphéas" (1906) de Claude Monet, que Christie's met en vente mercredi à Londres, avait été acquis en 1909 par le marchand Paul Durand-Ruel directement auprès de l'artiste et était resté dans la famille pendant plusieurs générations, souligne Anika Guntrum, directrice du département d'art impressionniste et moderne chez Christie's France.
La maison d'enchères l'avait vendu en 2000 à New York à un collectionneur privé pour 22 millions de dollars (hors frais).
Cet acheteur le remet sur le marché avec une estimation comprise entre 30 et 40 millions de livres (représentant entre 44,5 et 59,4 millions de dollars, ou entre 35,9 et 47,9 millions d'euros).
Les ventes de toiles impressionnistes ont connu un âge d'or à la fin des années 1980, grâce à une forte demande des Japonais qui tiraient le marché. A l'époque, tout se vendait, le bon comme le moins bon.
Lorsque les Japonais ont cessé d'acheter, après 1990, en raison de la crise économique, il y a eu un "krach" sur les oeuvres impressionnistes, selon M. Valette.
"Désormais, le marché est mieux équilibré. Les Japonais sont toujours présents mais les Russes, le reste de l'Asie, l'Amérique, l'Europe sont là aussi", souligne-t-il.
Pour certains nouveaux acheteurs, "l'entrée dans l'art passe par l'impressionnisme", relève Thomas Seydoux, directeur international du département d'art impressionniste et moderne de Christie's. Ils en apprécient "l'aspect décoratif, les couleurs vives, le constraste des ombres", ajoute-t-il.
Ces dernières années, le marché a évolué. Auparavant, les puristes amateurs privilégiaient les premières périodes de l'impressionnisme (années 1870-1880). A présent, l'appétit des collectionneurs se porte davantage sur la période postérieure à 1890.
"Il y a eu un déplacement du goût, vers des tableaux avec plus de matière", selon M. Seydoux.
Ce n'est plus l'impressionnisme rural, champêtre, qui a la préférence des collectionneurs mais l'impressionnisme urbain.
Dans le top 15 des ventes aux enchères d'oeuvres d'art ayant dépassé les 50 millions de dollars, Monet arrive en huitième position, avec "Le bassin aux nymphéas" (1919) adjugé à Londres en juin 2008 pour 40,9 millions de livres (80 millions de dollars à l'époque).
Renoir est neuvième, avec "Au moulin de la galette" vendu à New York en mai 1990 pour 78,1 millions de dollars.
Devant eux, Picasso caracole en tête avec un nouveau record établi en mai 2010, avec "Nu au plateau de sculpteur", vendu 106,48 millions de dollars. Giacometti le talonne. Puis viennent Gustav Klimt, Francis Bacon et Vincent Van Gogh.
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