|
International
Il faut 5 à 7 milliards de dollars pour rebâtir l'industrie
22/07/2010 15:55:20
L'industrie irakienne a besoin de cinq à sept milliards de dollars pour être remise sur pied après des décennies de guerre et de sanctions, selon le ministre irakien de l'Industrie, qui souhaite une privatisation quasi totale du secteur.
"Selon mes estimations, il faut 5 à 7 milliards de dollars d'investissements pour moderniser le secteur industriel, mais ce qui a été injecté à ce jour est inférieur à un milliard", a affirmé dans un entretien à l'AFP le ministre Fawzi Hariri.
L'industrie, qui fut dans le passé l'une des plus performantes du monde arabe, a été annihilée par 30 ans de guerres et de sanctions et, aujourd'hui, 97% des revenus de l'Etat proviennent, selon lui, du pétrole.
Après la guerre contre l'Iran de 1980 à 1988, l'Irak a envahi le Koweït en 1990 avant d'en être chassé en 1991 et puni par de lourdes sanctions internationales jusqu'en 2003, date à laquelle le pays a plongé dans la violence.
"En 2003 (après l'invasion américaine), environ 99% de l'industrie était à l'agonie. Les usines étaient détruites, pillées ou à l'arrêt. Aujourd'hui, 70% d'entre elles produisent à nouveau mais pas à leur pleine capacité", indique M. Hariri, l'un des deux ministres chrétiens du gouvernement.
Son administration contrôle 70 sociétés dans six secteurs: construction, chimie et pétrochimie, génie civil, agroalimentaire, pharmacie et textile. Par ailleurs, 122 compagnies dépendent d'autres ministères.
Comme les besoins de reconstruction sont colossaux, la compétition entre ministères est intense pour obtenir des fonds.
La sécurité, la santé, l'éducation, le pétrole "ont été considérés comme prioritaires. C'est pour cela que nous travaillons avec des ressources limitées", ajoute ce ministre, qui appartient au Parti démocratique du Kurdistan (PDK, de Massoud Barzani).
"Comme le gouvernement dispose de peu de ressources et que nous avons besoin d'argent pour réhabiliter (le secteur industriel), nous devons nous tourner vers le privé", explique ce ministre de 52 ans, qui a vécu 16 ans en Grande-Bretagne.
Une dizaine de joint-ventures entre compagnies publiques et privées existent d'ores et déjà. "L'investisseur prend en charge les équipements, investit et développe l'usine et puis il y a un partage de la production pour une certaine période", dit-il.
"Je voudrais en avoir 50 mais la sécurité et l'instabilité a empêché beaucoup d'investisseurs potentiels d'aller de l'avant. La sécurité a été l'obstacle majeur mais cela va beaucoup mieux", assure-t-il.
Autre problème: la privatisation. L'Irak serait "heureux de privatiser 90 à 95% des entreprises", confie M. Hariri en formulant le voeu que le nouveau Parlement vote d'ici fin 2011 une loi autorisant la vente, actuellement interdite, de ces compagnies.
Il est convaincu que la remise en état de marche des entreprises, y compris par des joint-ventures, permettra de les rendre plus attractives lors d'une vente éventuelle.
Il a également jugé qu'il n'y avait pas de secteur prioritaire.
"Nous devons les développer tous et nous assurer qu'ils ne chargent pas le budget" de l'Etat.
Près de 25% du budget de son ministère, qui compte 200.000 employés, passe dans les salaires. "Nous devons faire des coupes pour que ce poste ne représente plus que 10% et pour cela il faut encourager le privé", souligne-t-il.
Selon lui, "à la fin de l'année, nous achèverons la première étape de notre plan "qui était de relancer les installations".
Objectif de la seconde (2011-2015): "initier de nouveaux partenariats, stimuler l'investissements et, peut être, réussir à privatiser", dit-il.
Dans la dernière phase (2015-2020), il faudra "soutenir le développement du secteur privé" pour que la part de l'industrie non pétrolière représente 5 à 10% de l'économie.
|