01/09/2010
Hausse de la TVA sur les 'box': 'une idée consternante', selon Vivendi
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Le président du directoire de Vivendi, Jean-Bernard Lévy, a estimé mercredi que la hausse de la TVA envisagée par le gouvernement sur les offres combinant internet, TV et téléphonie était "une idée consternante".

Actuellement, 50% de la facture des abonnés français au "triple play" profite d'une TVA au taux réduit de 5,5%, autorisée par les instances européennes pour les services de télévision, l'autre moitié étant soumise au taux normal de 19,6%.

En mars, la Commission européenne a mis en demeure la France de revoir ce dispositif au motif que la télévision représente en réalité moins de la moitié de la facture des abonnés. Et ce d'autant que certains clients ne regardent pas le bouquet de chaînes proposé.

"Ce projet est une idée consternante", a affirmé M. Lévy lors d'une conférence de presse de présentation des résultats semestriels de Vivendi, en demandant à ce qu'il "soit oublié".

"Le régime qui a été retenu me semble un régime équitable", a déclaré M. Lévy pour la défense du taux d'imposition actuel. "En termes de temps d'usage, le chiffre ne me paraît pas scandaleux: les Français regardent en moyenne 3h20 la télévision par jour, je ne pense pas qu'ils téléphonent 3H20".

"Il ne faut pas avoir de double langage: (...) il ne faut pas dire qu'on aide l'économie numérique si tous les ans on ne fait qu'augmenter les taxes et les obstacles", a-t-il estimé.

Le gouvernement est encore en discussions sur les modalités techniques du changement de TVA avec Bruxelles, et ne devrait trancher que dans une quinzaine de jours, a-t-on appris dans l'entourage du ministre du Budget François Baroin. La mesure "devrait rapporter plusieurs centaines de millions d'euros", selon cette source.

Interrogé également sur cette question mercredi lors d'une conférence de presse, Martin Bouygues, le PDG de Bouygues, maison-mère de l'opérateur Bouygues Telecom, a déclaré: "On s'adaptera, c'est un renchérissement" du prix.

"On verra qui paie, soit l'entreprise, soit l'entreprise et les clients", a-t-il ajouté : "(je) crois un peu plus" à cette dernière solution.

La veille, le directeur général d'Iliad (Free/Alice), Maxime Lombardini, avait tout comme Vivendi dénoncé ce projet qui constituerait, selon lui, "une atteinte très directe au pouvoir d'achat des consommateurs, car les opérateurs ne pourront pas éviter de répercuter la modification de la TVA".

D'après M. Lombardini, Bruxelles n'est qu'un "prétexte" pour le gouvernement alors que celui-ci cherche des recettes fiscales pour combler les déficits publics.

Par ailleurs, le patron de SFR (groupe Vivendi), Frank Esser, a reconnu mercredi "ne pas être en première ligne" sur le dossier Hadopi.

SFR n'a pas signé la lettre envoyée par tous les fournisseurs d'accès à internet (Bouygues Telecom, Free, Numericable et France Télécom) au ministère de la Culture pour lui demander de prendre en charge les coûts d'identification des internautes téléchargeant illégalement qui va lui être demandé par la Hadopi.

"Concernant les taxes, nous sommes très vigilants", mais étant donné la présence dans le groupe Vivendi d'Universal Music, qui défend les droits d'auteur contre le téléchargement illégal, "nous avons une position suisse, un peu neutre", a-t-il dit.

Mais si les autres fournisseurs obtiennent du gouvernement qu'il prenne en charge ces coûts, "bien sûr" SFR le demandera également, a-t-il noté.

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