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Les slalomeurs français, dont Jean-Baptiste Grange et Julien Lizeroux, profitent des neiges de l'hiver austral pour s'entraîner dans la région d'Ushuaia, à l'extrême sud de l'Argentine, à sept semaines du début de la Coupe du monde de ski alpin.
Cerro Castor, station aux jolis bâtiments de bois à 27 km à l'ouest d'Ushuaia, compte une vingtaine de pistes qui culminent à 1000 m. "Même s'il n'y en a pas beaucoup, il y en a de très belles", note l'entraîneur du groupe technique David Chastan.
Cela fait six ans que les slalomeurs et géantistes français viennent s'entraîner dans la région. Les Français ne sont d'ailleurs pas les seuls à choisir le coin, puisqu'ils côtoient cette année les Suisses, Italiens, Croates, Espagnols et Russes. Quelques semaines plus tôt ont été vus également les Autrichiens, selon David Chastan.
Aller aux antipodes permet aux skieurs de se tester en conditions hivernales en août et septembre alors que le ski en Europe se limite à cette période qu'aux seuls glaciers. Des conditions "très intéressantes", note l'entraîneur: "on est proches de la mer, il y a un courant d'air qui remonte et durcit la neige".
"Ici, on a de la pente, de la neige dure, des pistes variées, on se retrouve dans les conditions de neige d'hiver", souligne Jean-Baptiste Grange, vainqueur de la Coupe du monde de slalom 2009.
Il en est lui à son cinquième voyage. Mais celui-ci est particulier puisque cette année, le Savoyard revient d'une saison quasiment blanche pour cause de blessure (ligament croisé du genou droit), tout comme Thomas Fanara, le géantiste. Grange avait quelques appréhensions, vite estompées.
"C'est notre gros stage de préparation. On est au bout du monde, centrés sur nous et notre boulot. Il fait souvent mauvais et froid. La ville est plutôt pauvre, il y a une ambiance latino qui ressort, avec la fierté, l'amour du foot, et j'aime bien", raconte Grange.
"On retrouve les mêmes conditions de piste et de neige qu'en Europe", note Julien Lizeroux, le vice champion du monde de slalom et de super-combiné.
La faible altitude, qui ne fatigue pas l'organisme, est un avantage. En dépit du vent, le froid est très supportable, avec une température moyenne en hiver de 0 degré, selon la guide touristique Tamiko Gallareta.
Ce stage de pré-saison représente pour David Chastan "50% de la préparation". Le voyage est "compliqué", souligne-t-il, puisqu'il faut transporter à l'autre bout du monde pas moins de trois tonnes de matériel, et une équipe de vingt personnes dont neuf skieurs. Mais les résultats valent la peine.
L'emploi du temps n'a rien de vacances: lever à 6h30, de 8h à midi sur les pistes, l'après-midi sport individuel ou collectif, musculation, kiné, vidéo, discussion avec les techniciens sur le matériel... Un seul jour de repos dans la semaine. "On va au lit assez tôt", dit Lizeroux. "On est dans notre bulle."
Dans quelques semaines, les skieurs retrouveront les Alpes. Les choses sérieuses commenceront le 24 octobre avec le géant d'ouverture de la Coupe du monde à Sölden en Autriche, puis le slalom de Levi en Finlande le 14 novembre.
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