08/09/2010
Phagocytée par les séries US, la fiction française cherche un second souffle
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La fiction française, dont la production a fortement chuté depuis un an, victime du succès des séries américaines, doit trouver un second souffle, une thématique qui sera au centre du Festival de la Fiction TV la semaine prochaine à La Rochelle.

"La profession est traversée par le doute et l'inquiétude", estime Quentin Raspail, producteur et président du festival qui se tient du 8 au 12 septembre dans le port de Charente-Maritime.

En 2009, le volume de fiction produite en France a atteint 750 heures (séries, téléfilms) contre plus de 900 l'année précédente. "Les séries US, même si elles sont de qualité, phagocytent la fiction française", constate le réalisateur Raymond Vouillamoz, en charge du comité de sélection du Festival.

Pour explorer de nouvelles pistes, le festival organise une confrontation entre les professionnels sur le thème "Quelle fiction pour 2020".

"Est-ce que les téléfilms américains ne seront pas en déclin face aux fictions chinoises qui ont tout pour réussir ? Est-ce que les budgets continueront de se réduire ou est-ce que les chaînes historiques (NDLR : TF1, M6, France 2) existeront encore ?", autant d'interrogations lancées par Quentin Raspail lors d'une conférence de presse mardi à Paris.

Scénario de fiction pour la fiction, une étude du cabinet NPA Conseil dévoilée à l'occasion du festival proposera une vision du marché des téléfilms français dans 10 ans.

La fiction française souffre également d'un vieillissement de son audience: "La moitié des téléspectateurs de fictions sur les chaînes françaises ont plus de 60 ans", souligne Raymond Vouillamoz qui regrette aussi une certaine standardisation des productions.

"Sur la cinquantaine de films reçus cette années, dix traitent de thèmes autour de la Seconde Guerre mondiale, on retrouve aussi dans la plupart une séquence incontournable dans une cave de St-Germain-des-Prés avec un orchestre de jazz et si possible un sosie de Boris Vian", a-t-il ironisé.

Parmi ces 50 films, 11 ont été retenus en compétition officielle, tous destinés à être diffusés sur les chaînes publiques (France 2 et 3 ainsi qu'Arte).

Le Festival entend aussi donner la parole aux techniciens qui plancheront, lors d'ateliers par métier, sur les incidences du numérique et des nouvelles technologies, mais aussi sur l'esthétique de l'image et l'amélioration de la qualité de la fiction française.

"Sans un bon chef-opérateur, des costumiers ou des décorateurs, etc..., il est impossible de faire de la bonne fiction", a rappelé M. Raspail.

Le Festival de la Fiction TV, douzième du genre, est devenu le rendez-vous incontournable de la production en particulier celle de téléfilms. Ouvert gratuitement au public, il proposera la projection d'une cinquantaine d'oeuvres. Près de 2.000 professionnels et 25.000 spectateurs y sont attendus.

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