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L'Eglise anglicane s'est jointe aux appels demandant aux autorités britanniques d'empêcher une prise de contrôle totale de l'opérateur de télévision BSkyB par le magnat australien Rupert Murdoch, une initiative qui suscitait mardi la surprise de la presse.
Dans une lettre rendue publique et adressée à l'Ofcom, l'autorité de régulation des télécoms, l'évêque de Manchester Nigel McCulloch, en charge du dossier des médias pour l'Eglise anglicane, s'est alarmé des ambitions du groupe de M. Murdoch, News Corp.
Il a estimé que le "pluralisme des médias" en Grande-Bretagne serait menacé si News Corp devenait propriétaire à 100% de BSkyB (contre 39% actuellement), car "il dominerait alors à la fois le paysage de la télévision et de la presse".
Cette intervention "a suscité la surprise" de l'ensemble des protagonistes du dossier, ont souligné mardi plusieurs journaux britanniques.
"Espérons désormais que la sagesse de Dieu guidera les régulateurs" chargés du dossier, ironisait pour sa part le Financial Times.
News Corp a proposé en juin 7,8 milliards de livres (9,4 milliards d'euros) pour acquérir la totalité de BSkyB, qui vient de fêter son 10 millionième abonné et est devenu une formidable machine à profits.
Plusieurs concurrents de poids de News Corp, dont la BBC et le Daily Telegraph, s'étaient unis le mois dernier pour demander au gouvernement de bloquer l'opération, également au nom du "pluralisme des médias".
Ils s'inquiètent notamment d'une synergie entre l'opérateur de télévision et les puissants titres britanniques du groupe News Corp (The Times, The Sun, The Sunday Times et The New of the World), notamment sur l'internet.
Le ministre britannique du Commerce Vince Cable a saisi début novembre l'Ofcom, qui doit lui remettre un rapport le 31 décembre avant qu'il ne décide s'il soumet le dossier à la Commission de la concurrence britannique. News Corp a de son côté soumis son projet aux autorités européennes de la concurrence.
Le fils de Rupert Murdoch, James, responsable pour l'Europe du groupe News Corp, a indirectement mis en garde les autorités britanniques sur les conséquences d'un blocage du dossier, en soulignant qu'une entreprise comme la sienne pouvait décider "d'être centrée en Grande-Bretagne ou non" et donc se désengager du )pays.
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