Une commission ministérielle israélienne a approuvé lundi une liste de 200 prisonniers palestiniens qui doivent être relâchés, parmi lesquels devraient figurer pour la première fois deux détenus condamnés à la prison à vie pour des attentats meurtriers."Une commission ministérielle a entériné la liste de 200 prisonniers palestiniens qui doivent être relâchés comme geste envers le président palestinien Mahmoud Abbas", a indiqué à l'AFP Mark Regev, porte-parole du Premier ministre israélien Ehud Olmert.Le principe de cette libération prochaine avait été approuvé la veille par le gouvernement israélien. Ce dernier avait en outre entériné les critères permettant d'établir la liste des noms des détenus libérables, selon le ministre de la Sécurité intérieure Avi Dichter. M. Dichter avait précisé à la radio publique que les critères retenus étaient "les mêmes que (ceux) utilisés ces dernières années, à l'exception de deux ou trois cas".
Il faisait allusion au fait que les autorités israéliennes refusent de libérer des Palestiniens ayant selon elles "du sang sur les mains", c'est à dire impliqués dans des attentats où des Israéliens ont été tués ou blessés.
M. Dichter et son collègue aux Transports, Shaul Mofaz, se sont opposés à ce train de libérations, estimant à la radio publique "qu'Israël a franchi une ligne rouge en décidant de libérer des auteurs de meurtres d'Israéliens".
Tous deux sont candidats aux élections primaires du 17 septembre qui doivent désigner le prochain chef du parti Kadima.
Egalement interrogé à la radio, le ministre de l'Habitat, Zeev Boïm, lui aussi du Kadima, a plaidé que "les prisonniers en question étaient détenus depuis très longtemps".
Selon lui, "il fallait faire un geste en direction de l'Autorité palestinienne de M. Abbas avec laquelle Israël tente de conclure un accord de paix, plutôt que d'être intransigeant et de renforcer ainsi les extrémistes palestiniens".
Selon des médias israéliens, le plus ancien détenu palestinien en Israël, Saïd Al-Attaba, aujourd'hui âgé de 56 ans, figure sur la liste des prisonniers appelés à être libérés.
Attaba purge depuis 1977 une peine de prison à vie après avoir été reconnu coupable d'implication dans un attentat meurtrier en Israël.
Un autre Palestinien détenu depuis près de 30 ans, Mohammad Ibrahim Abou Ali, alias "Abou Ali Yatta", doit aussi être libéré, selon la même source.
Emprisonné depuis 1979 et reconnu coupable d'une attaque ayant coûté la vie à un Israélien, Abou Ali Yatta, du parti du Fatah du président Abbas, avait été élu député au parlement palestinien lors des dernières législatives en janvier 2006.
Aucune confirmation de la présence de ces noms sur la liste ne pouvait être obtenue de source officielle dans l'immédiat. La liste devait être publiée dans la journée sur le site de l'Administration pénitentiaire.
Un porte-parole de M. Abbas a estimé dimanche que l'élargissement de prisonniers palestiniens décidé par Israël est "un pas dans la bonne direction", et que les Palestiniens espèrent d'autres gestes en ce sens.
Plus de 11.000 Palestiniens sont actuellement détenus dans les prisons israéliennes, dont onze considérés comme "très malades", selon l'Autorité palestinienne.
Selon l'Organisation non gouvernementale Defence for Children International, pas moins de 691 Palestiniens sont maintenus en détention administrative, c'est-à-dire sans jugement pour des périodes indéfiniment reconductibles.
Cette ONG a précisé qu'à un certain moment en 2007, il y avait entre 310 et 416 Palestiniens mineurs détenus dans les prisons ou centres de détention israéliens, dont 13 sous le régime de détention administrative.