Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) interdit l'édition, la diffusion ou la promotion par les chaînes françaises de programmes visant spécifiquement les enfants de moins de trois ans, dans un avis publié mercredi au Journal officiel.Pour les chaînes diffusées depuis l'étranger, ce qui est le cas de BabyFirst et de BabyTV, le CSA oblige les distributeurs français à faire figurer des messages d'avertissement à l'intention des parents. Ces mesures entreront en vigueur le 1er novembre prochain.Dans sa délibération, en date du 22 juillet, le CSA entend ainsi "protéger les enfants de moins de trois ans des effets de la télévision, en particulier des services présentés comme spécifiquement conçus pour eux".BabyFirst, chaîne détenue à 20% par News Corp, le groupe de Rupert Murdoch, émet aux Etats-Unis depuis 2004. Elle est visible en France sur CanalSat. BabyTV, créée en Israël et rachetée par la Fox de Rupert Murdoch a été lancée dans l'Hexagone sur TPS.
Nombre de spécialistes se sont émus des effets de la télévision sur les tout jeunes enfants. "Les experts de la santé et de l'enfance consultés par le conseil estiment qu'en dessous de trois ans, l'échange et la stimulation avec des personnes sont indispensables au bon développement des enfants", souligne le CSA.
"La consommation de télévision porte atteinte au développement des enfants de moins de trois ans et présente un certain nombre de risques en favorisant la passivité, les retards de langage, l'agitation, les troubles du sommeil et de la concentration ainsi que la dépendance aux écrans".
La Direction générale de la santé (DGS) s'est d'ailleurs prononcée récemment contre ces chaînes pour bébés, qui émettent pour certaines 24 heures sur 24, pour aider l'enfant à s'endormir. La ministre de la Culture et de la Communication Christine Albanel avait lancé en juin "un cri d'alarme" aux parents contre ces chaînes, jugeant qu'elles représentent "un danger".
"Je veux dire aux parents de ne pas utiliser ces chaînes", avait-elle dit au sujet de BabyFirst et BabyTV. Toutefois, "on ne peut pas les interdire", avait-elle rappelé, "car elles sont émises depuis l'étranger".
Dans ces cas, le CSA demande donc aux distributeurs français de "porter régulièrement à la connaissance de leurs abonnés, sous la forme de leur choix, de façon facilement lisible et accessible", sur l'écran un message d'avertissement: "regarder la télévision peut freiner le développement des enfants de moins de trois ans, même lorsqu'il s'agit de chaînes qui s'adressent spécifiquement à eux".
Sur les supports de communication -journal des abonnés, internet,...- devra également figurer, dès qu'ils évoquent des chaînes spécifiquement conçues pour les enfants de moins de trois ans cette mention: "regarder la télévision, y compris les chaînes présentées comme spécifiquement conçues pour les enfants de moins de trois ans, peut entraîner chez ces derniers des troubles du développement tels que passivité, retards de langage, agitation, troubles du sommeil, troubles de la concentration et dépendance aux écrans".
Les distributeurs n'auront par ailleurs pas le droit de faire de la publicité pur ces chaînes en vantant leurs prétendues "vertus sanitaires, éducatives ou pédagogiques".