18/06/2009
Quatre médecins au tribunal pour la mort d'une patiente
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Près de neuf ans après les faits, quatre médecins de l'hôpital Ambroise-Paré de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) étaient jugés jeudi au tribunal de Nanterre, accusés d'une erreur de diagnostic fatale pour une patiente de 33 ans victime d'une rupture d'anévrisme.Poursuivis pour homicide involontaire, les quatre médecins, dont deux chefs de service (cardiologie et réanimation médicale) et un radiologue, sont accusés de ne pas avoir décelé les signes avant-coureurs qui auraient peut-être pu permettre de la sauver.Le 15 novembre 2000, une femme de 33 ans, mère de jumeaux de 4 ans, avait été admise à la mi-journée au service de réanimation médicale de l'hôpital après un arrêt cardiaque sur son lieu de travail.Deux jours plus tard, elle sortait du coma, mais alors que les médecins privilégiaient une hypothèse cardiaque, la jeune femme se plaignait de maux de tête violents et persistants. Après avoir passé un scanner cérébral et subi une ponction lombaire, aux résultats jugés normaux, la victime était transférée le 20 novembre du service de réanimation en cardiologie. Elle y décédait le lendemain, au petit matin.Tour à tour jeudi matin, devant la 15e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Nanterre, quatre experts ont soulevé une série de ratés dans la prise en charge de la patiente.Certes, le Dr Jean-Jacques Hauw, un anatomopathologiste réputé, a souligné qu'"à l'époque, il était très rare qu'une rupture d'anévrisme se manifeste au départ par un arrêt cardiaque". Mais derrière lui, ses confrères ont évoqué une erreur de diagnostic flagrante selon eux."Sur le scanner cérébral" effectué le 18 novembre, "l'anévrisme, on ne voit que ça. N'importe quel radiologue doit savoir lire cette radio", s'est exclamé Serge Brion, un neuropsychiatre.Et la ponction lombaire, qui aurait pu permettre de déceler l'hémorragie méningée annonciatrice d'une rupture d'anévrisme, mais qui a finalement été jugée non concluante, "il aurait fallu la refaire", a estimé le neurochirurgien Jean-Paul Chodkiewicz.Le spécialiste a également souligné que la patiente présentait des signes qui ne trompent pas: maux de tête importants, raideur de la nuque et forte sensibilité à la lumière."Quand on a très mal à la tête, il n'est pas difficile de penser que c'est dans la tête qu'est le mal", a-t-il résumé, en s'étonnant que les prévenus n'aient pas fait appel à un neurologue, qui selon lui "aurait percuté immédiatement"."C'est une malade qui dans les 24, 48 ou 72 heures peut être opérée" avec des chances "de bons résultats à 75, 80%, y compris en l'an 2000", a-t-il affirmé.Face à la sévérité des Drs Brion et Chodkiewicz, les avocats de la défense ont pointé la facilité avec laquelle ces derniers énuméraient des évidences a posteriori, en soulignant que les choses avaient été sûrement moins simples "au moment des faits".Le procès, résultat d'une instruction longue de huit ans après une plainte de la famille, se termine vendredi. Les médecins, qui devaient être interrogés jeudi après-midi, encourent trois ans de prison et 45.000 euros d'amende.

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